MONDIAL MEXIQUE 1986

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

HISTORIQUE :

Dès 1974, la petite Colombie fut préssentie pour accueillir la Coupe du Monde 1986. Douze longues années pour préparer le plus grand rendez-vous sportif planétaire devait lui suffire. Malheureusement pour ce pays, la réalité économique l'avait rattrapé et contraint de renoncer à l'organisation du Mundial, et ce, quatre ans avant le début de la compétition. La FIFA dut revoir sa copie d'attribution au niveau du continent américain. Un vrai combat de fond de couloir commença. Finalement, la XIII ème Phase Finale de la Coupe du Monde de football eut lieu au Mexique, 16 ans après l'avoir déjà organisée. Le Mundial 70 fut (et sera) le plus grand de tous. Celui du Roi Pelé.

Le nombre de participants avait encore augmenté et était passé à 121 pays. Enorme ! Seul 24 pays pouvaient prétendre y participer, auquels il fallait retirer le pays organisateur, le Mexique donc, et le tenant du titre, l'Italie. La répartition de qualifications par continent était la suivante :

    Europe

    : 13 qualifiés ;

    Amérique du Sud

    :   4 qualifiés ;

    Afrique

    :   2 qualifiés ;

    Asie

    :   2 qualifiés ;

    Concacaf

    :   1 qualifiés.

Les éliminatoires furent comment toujours acharnés. Les 32 pays européens en lice donnèrent des surprises de taille. Des grandes nations de football restèrent sur le carreau : Tchécoslovaquie, Roumanie, Suède, Yougoslavie, Pays-Bas.

Pour les doubles finalistes de 1974 et 1978, la Hollande, c'était la fin d'une génération et d'une époque. Pour la qualification du Mundial 82, la France avait mis fin à cette éclatante génération. Cette fois-ci, elle fut victime de la Hongrie. La France s'extirpa d'un groupe particulièrement difficile. Avec la Bulgarie, la Yougoslavie et la R.D.A., la qualification ne fut pas une partie de plaisir. Et pourtant, pour la troisième fois consécutive, la "Génération Platini" se qualifiait pour la grande fête du football. Elle éliminait au passage une de ses bêtes noires, la Yougoslavie. La R.D.A. échoua pour un point. Ce fut un groupe vraiment serré. Mais l'Equipe de France, quatrième en Espagne avait muri et était devenue Championne d'Europe en 1984, chez elle. Elle possédait en Michel Platini, le meilleur joueur du monde. Le joueur de la Juventus de Turin avait glané tout les titres possibles qui s'étaient mis sur son chemin :

En d'autres termes, Platoche écrasait de toute sa classe le monde du football. Un seul pouvait prétendre l'égaler (à voir !), Diego Armando Maradona. Les Bleus étaient donc tête de série pour ce Mundial et le tirage au sort donna les groupes suivants :

Il était clair que l'Italie, la France et l'Espagne avaient hérité de groupe difficile mais rien en comparaison de l'Allemagne de l'Ouest, finaliste en titre, qui récupéra le "Groupe de la Mort". Bon courage aux troupes de Franz Beckenbauer. Le Kaiser entrainait donc les destinées de son équipe nationale et désirait secrètement aller loin dans la compétition. La qualification était simple pour le second tour. Les deux premiers étaient directement qualifiés ainsi que les quatre meilleurs seconds. La bonne surprise pour ce tour suivant était le retour des huitièmes de finale avec élimination directe, bien sûr.

Ce Mundial fut l'occasion pour les mexicains d'oublier leur misère et leurs souffrances. Souffrances amplifiées par un terrible tremblement de terre qui secoua le pays en septembre 1985 (8,1 sur l'échelle de Richter) et qui fit près de 20.000 victimes. On crut longtemps que le Mexique ne pourrait pas organiser la compétition mais c'était une question d'orgueil national et le 31 mai 1986, les équipes de Bulgarie de d'Italie pénétrèrent sur la pelouse du Stade Aztèque. Auparavant, la désormais traditionnelle céremonie d'ouverture rendit un hommage aux brillantes civilisation Maya et Aztèque. Pour cette épreuve, les matchs se déroulèrent en milieu d'après-midi et le soir, retransmission télévisuelle européenne oblige. Pour ce match d'ouverture, juste après la cérémonie, la FIFA ne trouva rien de mieux que d'improviser un discours de vingt longues minutes. Les 22 acteurs de ce match durent patienter debout en plein soleil. Sympa pour eux.

Le Groupe I débuta donc avec ce match Italie - Bulgarie. Les italiens dominèrent outrageusement la rencontre et ce fut Altobelli qui ouvrit la marque de ce Mundial, après l'avoir clôturé quatre années plus tôt. Beau symbôle. Malheureusement pour les transalpins, les ténieux bulgares arrachèrent un heureux match nul à cinq minutes de la fin (1-1). De leur côté, les Coréens explosèrent devant l'Argentine de Maradona (qui marqua deux buts au passage) mais qui sauvèrent l'honneur grâce à un sursaut d'orgueil (3-1). Ces derniers confirmèrent l'impression laissée en fin de match en partageant les point fort logiquement face à la Bulgarie qui avait pourtant ouvert la marque (1-1). Le terrible affrontement de ce groupe eut lieu le même jour entre italien et argentin. Seulement la première période sortie de l'ombre. Altobelli sur un généreux pénalty ouvrit la marque puis Maradona lui répondit. Les deux équipes étant satisfaites du résultat, il n'y eut pas de seconde mi-temps. Vraiment navrant. L'Argentine confirmera ses bonnes en disposant, trois jours plus tard, d'une bien décevante équipe de Bulgarie (2-0). L'anecdote du jour étant que la Bulgarie n'avait toujours pas gagné un seul match en Phase Finale. Mais elle était quand même qualifiée (meilleur troisième). Quand à l'Italie, elle affronta la Corée du Sud la peur au ventre, avec le souvenir d'une élimination par la Corée du Nord en 1966. La Squadra Azzurra ne dut son salut qu'à ses vieux briscards (3-2) car le coup passa très près. Finalement, les deux gros monstres que sont l'Italie et L'Argentine, c'est à dire les deux derniers Champions du Monde, passaient ce premier tour.

Le Groupe II voyait évoluer le Mexique, chez lui. Aux commandes de cette équipe se trouvait un entraineur jusqu'alors inconnu à cette époque : Bora Milutinovic. Pour son premier match dans son Mundial, les mexicains présents dans les tribunes vouaient un véritable culte à leur équipe nationale. Impressionnée par l'ambiance, la Belgique eut une mi-temps pour s'en remettre mais il était trop tard. Le Mexique s'imposa 2-1. Le Paraguay, son nouvel adversaire, avait disposé difficilement de l'Irak (1-0). Le match fut haché (menu) par de nombreuses fautes sifflées. Match vraiment nul (1-1). La Belgique se rattrapa de son premier match en disposant (2-1) bien difficilement de 10 irakiens (après expulsion de l'un d'entre-eux, bien sûr). La dernière rencontre face au Paraguay fut magnifique et se solda par un nul (2-2) qui qualifiait les deux nations. Le Mexique jouait également sa accession pour le second tour en gagnant timidement (1-0) face à la faible Irak, mais l'essentiel était là pour les sud-américains : le second tour.

Le Groupe III nous intéressait tout particulièrement. C'était celui de l'Equipe de France. Ayant vu le match, je me souviens d'un match bien difficile, comme un accouchement dans la douleur. Par tradition, les Bleus avaient toujours du mal à entrer dans une Coupe du Monde. Cela se vérifiait. La victoire était au bout du match contre le faible Canada, mais les français avaient souffert le martyr pour marquer le but de la victoire, un certain Jean-Pierre Papin. Le jeune attaquant tricolore avait eu tellement d'occasion de buts qu'il aurait pu finir meilleur buteur de la compétition sur cette seule rencontre. La température (34 °C, svp !) de ce 1er juin à Leon avait desservi pas mal nos représentants. Peu importe puisque la victoire (1-0) était là et que JPP entrait sans le vouloir dans l'histoire du Mondial en inscrivant le 1.200 ème but de l'histoire des Phases Finales. De l'autre côté, deux grosses nations du football s'affrontaient, la Hongrie deux fois finalistes et l'U.R.S.S.. Ce match se solda par une énorme surprise. Un méga carton rouge : 6-0 pour les soviétiques !!! L'entraineur russe, le célèbre Valeri Lobanovsky, était un fin stratège. Son équipe était vraiment impressionnante avec des rouages bien huilés. Dès lors, la rencontre face aux ogres soviétiques devenait le duel au sommet du groupe. Ce fut une véritable partie d'échec au cours de laquelle on retrouva l'Equipe de France, Championne d'Europe en titre. Ce match, je le vis sur grand écran, retransmis dans un amphi par un vidéoprojecteur. Génial ! Une rencontre grandiose. Le jeu fut très équilibre. un grand match de haute compétition. A la 54 ème minute, l'attaquant russe Rats déclencha un tir terrible de 25 mètres. l'excellent gardien français Joël Bats ne put rien. Dès lors, les Bleus appuyèrent sur l'accélérateur et furent logiquement récompensés après un excellent mouvement parachevé par Luis Fernandez. Le grand Dassaev, digne successeur de Yachine, ne put rien. 1-1. Les Bleus revenaient à la hauteur des soviétiques mais après le carton du premier match, il fallait les battre absolument pour terminer en tête du groupe pour avoir une voie plus dégagée après le premier tour. Malheureusement, les russes obtinrent le partage des points. La barraca fut du côté soviétique puisque les français avaient eu les occases pour l'emporter avec notamment ce coup-franc du stratège Michel Platini, pourtant roi incontesté sur la planète dans ce genre d'exercice. Le poteau droit de Dassaev, pourtant archi-battu, renvoya le tir magnifique du capitaine français. Les soviétiques parachèveront ensuite le travail en disposant aisément, et avec des remplaçants, du faible Canada (2-0). De son côté, la Hongrie toujours traumatisée avait bien battu le Canada 2-0 mais elle se présenta face à la France dans un état psychologique bien fragile. Les Bleus les enfoncèrent encore plus. Une formalité tant les tricolores écrasèrent le match (3-0). Il y aurait pu y avoir le triple. Ainsi, l'Equipe de France et celle de l'U.R.S.S. accédèrent au second tour.

Le Groupe IV était celui du Brésil. Tout le monde avait encore en tête le troisième sacre brésilien, conquis seize années plus tôt dans ce lieu précis. Le premier match des Cariocas fut bien difficile à négocier. Son adversaire était coriace : l'Espagne. Jamais simple que de jouer contre les ibériques. Sans un (bon) coup de pouce de l'arbitrage, le Brésil n'aura pas gagné. L'Espagne se vit refuser un but après qu'un tir superbe qui avait frappé la transversale, ne rebondisse à l'intérieur du but, ce que tout le monde vit... sauf l'arbitre inexpérimenté (australien de son état) de la rencontre. Et curieusement, le sort vit l'inverse se reproduire puisqu'à la suite d'un autre tir sur la transversale (décidément), le ballon rebondit cette fois à l'extérieur du but mais sur un attaquant sud-américain qui se fit un devoir de mettre le ballon au fond des filets. Jusque là rien d'anormal me diriez-vous, si ce n'est que le joueur en question était en position de hors-jeu évidente... sauf encore une fois pour monsieur l'arbitre. Cela se traduisa par une victoire du Brésil (1-0). Le scandale fut énorme au niveau de la presse du monde entier. Les deux autres équipes du groupe, Irlande du Nord et Algérie, durent se battre surtout contre la température caniculaire (40 °C à l'ombre !!!). Tout fut une histoire de coup-franc. Deux buts algériens dont un contre son camp (tir détourné). L'égalisation algérienne fut marqué par un certain Djamel... Zidane. Cela ne s'invente pas ! A noter la 116 ème sélection du gardien irlandais Pat Jennings, record mondial à l'époque. Une équipe d'Algérie qui restait sur un Mundial espagnol en travers de la gorge après le complot germano-autrichien d'il y a quatre ans. Le sort s'acharnera sur eux face aux brésiliens. Les africains dominèrent techniquement les triples Champions du Monde à la surprise générale et il faudra une énorme boulette de la défense algérienne pour que les sud-américains remportent la rencontre (1-0). une victoire inespérée là encore. Les excellents algériens ne s'en remirent pas au cours du match suivant. Espagnols qui avaient commencé tambour battant face aux irlandais. Le grand attaquant Butragueno marqua en même pas une minute de temps réglementaire. Puis deux zéro après un quart d'heure de jeu. Mais, il était dit que l'histoire des gardiens espagnols allait continuer d'empoisonner la sélection ibérique. Dégagement de Zubizarreta... dans les pieds d'un attaquant irlandais qui ne se fit pas prier (2-1). Mais, on en restera là pour les espagnols qui furent bien fébriles en défense. Pour les deux dernières rencontres, il n'y eut pas de suspens et les deux favoris du groupe jouèrent (enfin) sur leur vrai valeur. On retrouva le vrai Brésil et les britanniques furent laminés (3-0). Les excellents algériens encore sous le coup de leur cruelle déception face aux sud-américains furent dominés outrageusement par des espagnols en état de grâce (3-0). Ainsi, le Brésil et l'Espagne se qualifiaient.

Le Groupe V était celui de la mort. Les finalistes du dernier Championnat du Monde, l'Allemagne de l'Ouest, débuta face à une ténieuse Uruguay. Un beau duel en perspective entre deux doubles Champion du Monde. Tout commença mal pour les allemands puisque Matthaus se loupa en adressant une passe trop molle à son gardien, Schumacher (toujours là celui-là). L'attaquant uruguayen ne se fit pas prier (1-0). Mais, grâce à leur ténacité légendaire, les germaniques revinrent au score à six minutes de la fin (1-1). Les deux autres formations, Danemark et Ecosse s'affrontaient, une première pour les scandinaves qui furent la révélation du dernier Championnat d'Europe. Les danois arrachèrent la victoire (1-0). Les pauvres britanniques concédèrent une nouvelle défaite étriquée (2-1) face à l'ogre allemand. Décidément, lorsque cela ne veut pas sourire. Les écossais n'avaient toujours pas franchis de premier tour dans un Mondial. L'autre match entre Danemark et Uruguay fit sensation. L'Uruguay encaissa sa plus lourde défaite de son histoire dans une Coupe du Monde. Le score 6-1 fit couler comme vous vous en doutez beaucoup d'encre au pays de la Céleste. De son côté, le Danemark devenait avec l'U.R.S.S. l'épouvantail de la compétition. Les scandinaves confirmèrent leur bonnes prétentions en battant la R.F.A. (svp !) sur le score sans appel de 2-0. Jamais facile de battre la Mannshaft. Par contre, écossais et uruguayens se quittèrent sur un piteux 0-0. L'arbitrage fut mit en question au cours de ce match. Et pourtant, l'excellent français M. Quiniou était un des meilleurs du monde et ne fit qu'appliquer à la lettre le règlement. Tacle par derrière d'un uruguayen égal carton rouge, même à la première minute de jeu. Ayant vu le match, les sud-américains faisaient preuve d'une violence inoue. Le jeu est haché, détruit. Après coup, le jeu fut décortiqué : 36 minutes d'arrêt de jeu suite à des coups pas vraiment francs ! Résultat du Groupe V, qualification du Danemark, de la R.F.A. et également de l'Uruguay, au bénéfice de meilleur troisième place. No comment !

Enfin le Groupe VI ne fut vraiment pas passionnant. La poule avec le plus faible nombre de buts marqués. Pourtant, il y avait des équipes intéressantes. La Pologne était troisième du dernier Mondial, le Portugal demi-finaliste du dernier Euro et véritable révélation, le Maroc très bonne équipe d'Afrique et enfin l'Angleterre. Tout commença par deux matchs soporifiques au possible. 0-0 entre polonais et marocains et surprise quand même avec la défaite de l'Angleterre face au Portugal (1-0). Ensuite, encore un 0-0 pour le Maroc face cette fois à l'Angleterre. Point commun entre-eux, pas de but marqué en 120 minutes. Encore une surprise puisque la Pologne battra le Portugal (1-0). Deux buts marqués en quatre matchs. Pas mal comme moyenne. Les deux dernières rencontres sauveront l'intérêt de ce groupe. On pense que le Portugal va se qualifier en disposant facilement du Maroc. Et pourtant, c'est carrément l'inverse qui va se produire puisque les lusitaniens sont laminés (3-1) et éliminés. A la grande surprise de tous, les africains termineront en tête du groupe. Puis, enfin l'Angleterre et ses stars se réveilla et faisant exploser la Pologne (3-0) qui, malgré la défaite, se qualifiera avec son vainqueur du jour.

Ainsi, après un premier tour aprement disputé, les huitièmes de finale donnaient les affiches suivantes :

 Vaiment de belles affiches avec Espagne - Danemark, Belgique - U.R.S.S., entre-autres. Mais deux matchs ressortaient, Argentine - Uruguay, duel fratricide entre les deux géants sud-américains et surtout le France - Italie, terrible confrontation entre les Champions d'Europe et les Champions du Monde.

Le Mexique ouvrit le bal face à la décevante Bulgarie. Plus de calcul. Soit ça passe, soit ça casse. Il est inutile de dire que tout un pays s'est arrêté de fonctionné. Tous sont derrière l'Equipe Nationale du Mexique. De match, il n'y en eut pas tant les mexicains furent survoltés et motivés par l'enjeu et tant la Bulgarie fut bien faible. Un but par mi-temps et le sort des européens de l'Est fut scellé (2-0). Pour la deuxième fois de son histoire, le Mexique accédait aux quarts de finale d'une Coupe du Monde. La première fois, c'était en 1970, chez lui.

Le second huitième de finale voyait une recontre inédite entre la Belgique et l'U.R.S.S. Après un premier tour hallucinant, les soviétiques faisaient peurs. Quand aux belges, ils ne devaient leur salut qu'à une meilleure troisième place. On ne donnait pas cher de leur peau. Et pourtant. Je me souviens de ce match, pour avoir veillé un dimanche soir jusqu'à minuit, heure française du coup d'envoi. Et je ne l'ai pas regretté. Ce fut un match sompteux et de toute beauté. Ce fut logiquement que les soviétiques ouvrirent le score après la demi-heure de jeu, récompensant une domination sans partage. Les belges eurent beaucoup de chance de n'avoir concédé qu'un seul but car les russes manquèrent d'un rien le ko final. Et dans ce cas là arrive inexorablement l'égalisation à contre-jeu. Le maestro Enzo Scifo profita d'une bourde de la défense rouge (1-1). Les soviétiques reprirent l'avantage (2-1) mais se firent de nouveau rejoindre au score par des belges survoltés (2-2). Dans les derniers instants, chaque camp eut sa chance avec une balle de match avec, soit le poteau belge, soit le gardien russe pour s'interposer. Il faut jouer les prolongations. Les russes se mordirent les doigts au cours des trentes minutes puisque nos voisins belges prirent pour la première fois le match à leur compte. Domination récompensée par deux magnifiques nouveaux buts. Cette fois les carottes (rouges) étaient cuites et ce ne fut pas un pénalty à dix minutes de la fin qui changit le destin de cette partie. 4-3 pour la Belgique. qui l'eut cru !

Puis, ce fut le tour des cariocas d'entrer en jeu pour disputer leur rencontre face à la Pologne. Les européens démarrèrent pied au plancher. Deux poteaux sauvèrent les brésiliens qui décidément bénéficiaient de beaucoup de chance depuis le début de la compétition (cf premier tour pour s'en convaincre). Et pour couronner le tout, les polonais allaient complètement s'éteindre avec en plus et une nouvelle fois un coup de pouce de l'arbitrage. Penalty plus que généreux qui allait sceller la rencontre puisque les polonais étaient dépassés par les évènements. Les buts sud-américains suivants furent par contre indiscutable. Score final, 4-0 pour le Brésil. Pelé dira de ce match : "Le Pape est polonais mais Dieu est brésilien".

Le match suivant était craint par tout le monde. Argentine - Uruguay, on avait peur du crayonnage. Deux ennemis hériditaires qui s'affrontaient. Cela sentait la poudre. Mais l'arbitre italien M. Agnolin veillait et tenait en respect les deux formations. De jeu dangereux, il n'y en eut. Seulement six cartons jaunes ponctuèrent une rencontre sans passion et sans prise de risque de parts et d'autres. Un homme va dominer les débats : Diego Maradona. Il sera à l'origine du seul but du match et il fit ce qu'il veut au milieu du terrain. L'Argentine passa sans discussion possible.

Tout le monde attendait le huitième de finale au sommet. En effet, Italie - France était indiscutablement la plus belle des affiches. Et elle allait le confirmer sur le terrain. Les français étaient Champions d'Europe 84, les italiens Champions du Monde 82. Ajoutez-y un soupçon de statistiques et vous obtenez un superbe match (les Bleus n'avaient plus battu en match officiel les italiens depuis... 1920 aux Jeux Olympiques, une éternité). Ce match également me reste en mémoire, pour l'avoir vu une nouvelle fois en amphi sur grand écran. Avant le match, j'exprimais beaucoup de confiance en cette Equipe de France. Le premier quart d'heure confirma pleinement mes convictions. Les italiens étaient mangés, dominés techniquement, tactiquement. Et le but collectivement superbe à la 15 ème minute parachevait un travail admirable. après avoir temporisé, Luis Fernandez transmis à Rocheteau qui centra parfaitement pour leur capitaine Michel Platini qui trompa le gardien transalpin Galli d'une malicieuse pichenette. 1-0 pour la France. A partir de cet instant, les tricolores contrôlaient le jeu, en vieux briscards qu'ils étaient devenus. Les occasions d'aggraver le score pleuvaient sur le but italien. Seule solution pour attraper ce ballon insaisissable. Faire faute sur le porteur du ballon français. Mais rien n'y fit. L'Equipe de France contrôlait, sans s'énerver, jusqu'à la 57 ème minute, où Yannick Stopyra conclua un beau mouvement. a 2-0 pour la France, la messe était dite. Jamais le meilleur joueur italien, Alessandro Altobelli ne parvint à mettre en danger une des meilleures défense du monde. Il faut tout de même dire que son chien de garde était un certain Maxime Bossis. A l'image de ses coéquipiers, le grand Max accomplissait le match parfait. Et la Squadra Azzura abandonnait don sceptre dès les huitièmes de finale à cause d'une remarque Equipe de France qui pouvait voir loin, très loin même.

La rencontre suivante ne fut pas du tout du même acabit. Décevant est plutôt le mot juste. Les deux formations qui s'affrontaient était la surprenante équipe du Maroc face à l'ogre germanique. Le niveau fut consternant. Les africains n'arrivaient pas à concrétiser leurs nombreuses occasions, souvent par grande maladresse. De leur côté, les allemands n'arrivaient pas à enchaîner trois passes de suite. Consternant pour des vice-champions du monde. Leur seule opposition était leur mentalité de compétiteur, ponctuée par de très nombreuses fautes. Le coup du destin interviendra à la 88 ème minute. Les allemands bénificiaient d'un bon coup-franc à 25 mètres des buts marocains. Lothar Matthaus trompa la vigilance de la défense marocaine. 1-0, la Mannshaft passait inextrémis à deux minutes de la fin de la match. Sans gloire, comme souvent.

De leur côté, les anglais étaient opposés aux paraguayens, soutenus par le public mexicain. Les britanniques eurent beaucoup de mal à entrer dans la partie mais, heureusement pour eux, les sud-américains n'en profitèrent pas. Après ces vingt bonnes minutes de souffrance, le génial petit buteur anglais, Gary Lineker, entra en action et ouvrit le score. Dès lors, les anglais déroulèrent tranquillement face à une formation paraguayenne dépassée par les évènements. Après avoir doublé la mise en début de seconde période, Lineker se fit un devoir de parachever le travail qu'il avait commencé. 3-0 ! L'Angleterre passait aisément le second tour.

Enfin, le surprenant Danemark était attendu au tournant par une belle équipe d'Espagne. L'affiche était alléchante et prometteuse entre ces deux belles cylindrées. C'était également une revanche entre ces deux adversaires puisqu'à l'Euro 84, l'Espagne élimina le Danemark en demi-finale, aux tirs aux buts. La première période ressembla trait pour trait au premier tour réalisé par les scandinaves, une nette domination de leur adversaire. Les vickings furent récompensés de leurs efforts par un pénalty fort contesté par les ibériques. Malheureusement pour eux, les images donnaient raison à l'arbitre. Jesper Olsen transforma ce dernier. Nous étions à la demi-heure de jeu. Mais le tournant du match arriva à la 43 ème minute. Le gardien danois relança une bénine sortie de but... dans l'axe et dans les pieds d'un certain Butragueno qui se fit une joie de marquer dans un but vide. Pourtant, la "danish dynamit" avait encore les meilleures occasions en début de seconde période. Mais elles ne se concrétisèrent pas par maladresse des buteurs vickings ou bien par un bon gardien espagnol qui veillait au grain (un certain Zubizaretta). Et ce qui arrive dans ces cas là... Et bien un classique du genre, l'équipe dominée marque. Et le grand attaquant madrilène, Butragueno, donna l'avantage aux siens (60 ème). Le Danemark n'eut d'autre choix que d'attaquer pour revenir. Les ibériques aspirèrent les scandinaves qui tombèrent dans le piège. Sur un contre, l'attaquant madrilène est bousculé en pleine surface de réparation. Pénalty indiscutable, transformé par Goïcoetchea. 3-1 à la 69 ème. Dix minutes plus tard, nouveau contre meurtrié espagnol. Centre repris de la tête à bout portant par Butragueno. 4-1 ! Enfin, à une minute de la fin, toujours ce diable de Butragueno qui est fauché en pleine surface. Re-pénalty tiré par ce dernier. 5-1 !!! Avec quatre buts d'Emilio Butragueno, attaquant madrilène de son état, surnommé "El Buitre" le vautour par ses supporters. Pour l'anecdote, cet attaquant racé fut découvert par un certain... Alfredo Di Stefano. Quelle sensation ! L'Espagne qui écrase le Danemark par 5 buts à un, avec 4 buts de son attaquant vedette. Du jamais vu depuis Eusebio en 1966 face à la Corée du Nord.

Quel bilan tirer après ces huitièmes des finales. Et bien des grosses surprises comme les éliminations de l'Italie, (ex-) tenante du titre, du Danemark laminé, de l'U.R.S.S. Par contre, certaines grosses cylindrées étaient bien présentes comme la France, le Brésil, l'Argentine et la R.F.A. Attention également à l'Angleterre et l'Espagne. Les quarts de finale donnaient les affiches suivantes, avec en premier un mégachoc :

L'affiche intersidérale de ce troisième tour était bien sûr le terrifiant duel au sommet entre les artistes brésiliens et les "brésiliens de l'Europe". Ce match, entre Brésil et Equipe de France était LA FINALE avant la lettre. Après les triples Champions du Monde italiens, les Bleus se coltinaient un autre monstre du ballon rond, les triples Champions du Monde brésiliens. Sur le papier, c'était alléchant, sur le terrain, cela allait dépasser l'entendement et le cadre du sport. Oui, les mots ne sont pas trop fort pour qualifier cette rencontre. Tout comme Séville il y a quatre ans en demi-finale du Championnat du Monde espagnol, cette rencontre fait désormais partie des 10 plus grand matchs de l'histoire du football, tout simplement. Rien qu'à écrire ces lignes et évoquer le souvenir de cette rencontre, les frissons me hantent et l'émotion me gagne, tant ce match à marqué les esprits. On est pas prêt de revivre un match de cette intensité, de ce niveau technique. Le maître du suspens aurait pu écrire le scénario tant il fut dramatique et prenant émotionnellement. Ce match démarra doucement, comme si les deux formations s'observaient avant de se lancer dans la bataille. Ce fut exactement le cas. Les brésiliens prirent l'ascendant technique les premiers. Et après un quart d'heure de jeu, ce fut logiquement que les cariocas ouvrirent le score suite à un mouvement sompteux. Junior transmis à Muller qui décala magnifiquement Careca sur la gauche. Ce dernier fusilla Joël Bats. La défense française fut prise de vitesse sur cette lumineuse, (très) rapide et spectaculaire action de jeu. 1-0 pour le Brésil qui, à ce moment précis, emballait le jeu. Décidement intenable, les sud-américains appuyaient sacrément sur l'accélérateur et la défense tricolore, excellente il faut tout de même le rappeler, était souvent dans le vent. Dur dur de colmater les brêches à tel point que Muller déborda sur la droite ponctuant son action par un tir surpuissant... repoussé par le poteau. Ouffff !!! Le ko passa tout près. Il fallait également évoquer l'ambiance dans ce superbe stade de Guadalajara. Complètement brésilienne avec samba, danses, chants, drapeaux totalement acquise à la cause brésilienne. Mais, loin de se décourager, les Bleus laissèrent passer l'orage. Puis, ils prirent la direction des opérations et le jeu s'équilibra. Le carré magique se remis en route. Rappelons le pour ceux qui ne s'en souviennent pas : Platini - Giresse - Tigana - Fernandez. Et arriva cette fameuse 41 ème minute. Après un magistral jeu en triangle entre Amoros, Giresse et Rocheteau, ce dernier déborda côté droit. Son centre fut repris par Stopyra qui ne put qu'effleurer le ballon. Le gardien brésilien, Carlos, ayant plongé, il se télescopa avec l'avant-centre français. Les brésiliens réclamaient faute. Pendant ce temps là, le ballon avait poursuivi sa course jusqu'au second poteau où un certain Michel Platini traina par là, mais certainement pas par hasard. Un joueur de sa trempe avait flairé le bon coup. Et d'un tranquille plat du pied, il poussa le ballon dans le but vide. 1-1. Le Brésil venait d'encaisser son premier but de la compétition. Il allait lui faire très mal. Platoche marquait ce précieux but, en ce 21 juin, jour de son 31 ème anniversaire. Tout un symbole. Le retour des vestiaires intervenait sur cette marque. La seconde période fut vraiment équilibrée. Le Brésil ne fut pas vraiment verni (heureusement pour nous) lorsque Careca expédia une puissante tête sur la transversale (71 ème). Une minute plus tard, changement stratégique par l'entraineur carioca, Télé Santana. Zico, surnommé le Pelé Blanc entrait en lieu et place de Muller. Coup payant puisque deux minutes encore plus tard, Zico démarque Branco à l'entrée de la surface de réparation française. Bats ne peut éviter le choc et lui fauche le pied d'appui. Indiscutable pénalty ! Les brésiliens se congratulent. Terrible image à un quart d'heure de la fin. Zico se charge de la sanction suprême. Mais, il était écrit que c'était le jour de gloire du gardien français. Ce dernier détourne le tir du stratège brésilien. Terribles images où Zico s'écroule de déception et à l'inverse les Bleus se précipitent sur le gardien pour le féliciter. Le temps s'égraine inexorablement. On arrive à la terrible prolongation. Pas encore de mort subite à cette époque. Et c'est reparti pour une demi-heure de folie. Comment continuer après 90 minutes aussi dramatique et intense. Rien ne sera marqué. Ce ne fut pas faute d'essayer. A trois minutes de la fin, une faute impardonnable fut commise par le gardien brésilien qui bouscula Stopyra à 25 mètres de ses buts. Déséquilibré, le français ne peut redresser sa course. Encore moins son ballon. Et M. Igna, arbitre du match ne broncha pas sur ce coup là ! Scandaleux ! Pas de coup-franc, ni carton pour le gardien. Super encore l'arbitrage. Et on en arriva aux terribles tirs au but. Rappelez-vous, il y a quatre ans en Espagne. L'Equipe de France fut battue dans cette épreuve en demi-finale face à l'Allemagne de l'Ouest. C'était la première séance en Coupe du Monde. Tout commença par l'arrêt impeccable de Bats sur le tir de Socratès. En état de grâce, le gardien français. Tout à tour, Stopyra, Alemao, Amoros, Zico transformèrent leur essai. Le destin semblait (enfin) sourire aux Bleus. Bellone fut tout heureux sur son tir. Son tir heurta le poteau et rebondissa... sur la tête du malchanceux gardien carioca. Le tir était parfaitement valable. L'arbitre le valida fort heureusement, car celui qui me transmis le virus de cette passion dévorante pour le ballon rond, (mon père), était bien sûr à mes côtés et il confirmait la validité de ce but (c'était vraiment un excellent arbitre). Mais revenons au match. Bellone avait donc marqué, suivi par Branco. 3-3 donc avant que ne s'avance Michel Platini. Rappelons que le capitaine des Bleus n'avait jamais raté un pénalty dans toute sa carrière, que se soit avec Nancy, Saint-Etienne (ah, les Verts !), La Juventus ou bien l'Equipe Nationale. Jusqu'à ce jour... Platini pose comme à son habitude soigneusement son ballon son le rond blanc. Il s'élance et... tire largement au dessus du but.  Incroyable !!! Le public brésilien exulte... mais pas longtemps. Julio Cesar expédia un missile sur le poteau gauche de Joël Bats. Toujours 3-3. Il restait un seul tireur à venir. Il était bien sûr français. C'était Luis Fernandez, capitaine du PSG à l'époque. La pression était à son maximum. Vraiment terrible pour les nerfs dans ce cas là. Pas pour Luis. En toute quiétude, il se présentait devant Carlos. Il s'élança, le gardien partit à gauche de son but, le tir du français filait à droite. Contre-pied parfait. C'était fini ! La seconde consécutive également. Après la Squadra Azzura, la France éliminait donc le géant brésilien. L'Equipe de France se qualifiait ainsi pour les demi-finales de la Coupe du Monde pour la troisième fois de son histoire après 58 et 82. ENORME !!!

Le second quart de finale ne sera pas du tout du même tonneau. Le pays hôte mexicain affrontait les allemands de l'ouest. Pas facile même avec le public complètement acquis à votre cause. Le match fut insipide, haché par de très nombreuses fautes commises de part et d'autres. Les cartons allaient pleuvoir : 6 jaunes + 2 rouges. Record du Mundial. Aucun but ne sera marqué pendant 120 minutes. Et pourtant, les deux équipes s'étaient procurées de belles occasions mais l'excellent gardien allemand veillait. Un certain... Harald Schumacher, toujours là celui-là. il donna une leçon de réalisme au cours de la séance des tirs au but. Il arrêta deux tirs et permis une ballade de santé à ses coéquipiers. 4-1. Rien à dire au cours de cette épreuve. Par contre, au cours du temps réglementaire, cette Mannshaft ne brillait vraiment pas du tout mais elle passait tout de même. bon gré, mal gré.

La rencontre suivante se déroula dans un contexte bien particulier entre l'Argentine et l'Angleterre. Tout d'abord, les sud-américains sont les seuls rescapés de leur continent. De plus, la guerre des Malouines étaient toujours présentes dans les esprits. Enfin, les argentins n'avaient jamais oublié la rencontre qui eut lieu en 1966 pendant la World Cup où ils furent tout simplement insultés par les anglais. Petit rafraîchissement de mémoire. Rappelez-vous des propos tenus par le sélectionneur anglais de l'époque, Alf Ramsey Il traita les argentins... d'animaux !!! "There are animals !...". Sans compter l'amende et la suspension du capitaine argentin par la FIFA (dirigé à l'époque par un... anglais). Eh bien, ces derniers n'avaient pas oublié. Le match démarra pourtant bien mais il devint vite insipide. Il fallait attendre la seconde période pour enfin voir quelque chose d'intéressant à se mettre sous la dent. Maradona faisait bien le spectable à lui tout seul, mais ses coéquipiers n'étaient vraiment pas au même niveau ou loin de s'en rapprocher. Arriva cette fameuse 52 ème minute. A l'entrée de la surface de réparation britannique, Maradona sollicita Valdano pour un "une-deux"... manqué. l'anglais Hodge voulut transmettre le ballon en lob à son gardien Peter Shilton mais le ballon s'élèva trop et arriva au dessus du point de pénalty. Maradona qui avait suivi saute en même temps que le portier anglais qui veut fort logiquement s'en emparer. Le ballon fut touché par le poing... du capitaine argentin. Et le ballon entra dans le but anglais. Tout le monde avait vu la faute de Maradona. Les spectateurs, les téléspectateurs, les joueurs, les entraineurs. Bref, tout le monde sauf... deux hommes. Et pas des moindres. L'arbitre du centre, M Bennaceur, et son assesseur, M. Dotschev qui vont valider le but ! Et oui. aussi incroyable que cela puisse paraître, le but de Diego Maradona sera validé. En conséquence, l'Argentine menait à ce moment du match par 1-0. On était en plein scandale. Le capitaine argentin dira après la rencontre que c'était la "main de Dieu". Deux minutes après cet incident, Maradona récupéra le ballon à 40 mètres à droite de ses buts. Il enchaîna dribles sur dribles avec une facilité déconcertant, passant en revue la moitié de l'équipe anglaise pour inscrire un des plus fabuleux buts de l'histoire du football. Dès lors et n'ayant plus rien à perdre, l'entraîneur anglais effectua des changements afin d'instaurer une nouvelle tactique. Ces derniers allaient s'avérer payant... jusqu'à un certain point. Les anglais bousculèrent les sud-américains et Gary Lineker inscriva son sixième but du tournoi. Les occasions pleuvaient sur le but argentin mais ils étaient trop tard pour l'Anglerre. Les changements de joueurs arrivèrent trop tard. L'Angleterre s'inclina 2-1 avec ce but assassin en travers de la gorge. L'Argentine tenait sa revanche vingt années plus tard. Maradona étant passé par là.

Enfin, le dernier quart de finale opposait deux surprises puisque, ni espagnols, ni belges n'étaient attendus à pareil niveau de la compétition. La première mi-temps tourna à l'avantage des ibériques mais les belges furent intraitables en défense avec un impressionnant Jean-Marie Pfaff dans les buts. Et ce fut sur contre que la Belgique ouvrit le score par son capitaine Ceulemans. Des lors, les espagnols campaient devant le but adverse, manquant de se faire surprendre en contre. Finalement, les ibères obtinrent fors justement l'égalisation sur coup-franc à la 85 ème minute. il était temps. Il fallut jouer les prolongations. Et comme les deux camps ne purent concrétiser leurs occasions, ce fut la troisième séance de tirs au but à ce stade de la compétition (quarts, bien sûr). A ce petit jeu, les belges furent les plus adroits. Le portier Pfaff arrêta deux tirs et la victoire leurs souria (5-4). La Belgique arrivait en demi-finale d'une Phase Finale de coupe du Monde pour la première fois de son histoire. Sacré surprise.

Ainsi, les demi-finales donnaient les matchs suivants :

Après avoir éliminer deux géants du football (Italie, Brésil), la France se voyait proposer le troisième autre monstre. La R.F.A. C'était la revanche de Séville. En effet, au même stade de la compétition, allemands et français s'étaient affrontés dans un duel de titans. Tout le monde l'avait encore en mémoire. Le temps n'avait pas effacé la terrible frustration qui avait émané de Séville. Quatre très longues années d'attente pour enfin avoir sa revanche... et Schumacher en face. Comme les deux équipes se connaissent (c'était une gageure que de le dire), la rencontre démarra bien doucement. Le tournant du match arriva deès la 9 ème minute. Amoros tacla Rummenigge qui... tomba. L'arbitre du match se laissa abuser par le cinéma fait par l'allemand. Il n'y avait pas faute !!!!! Petit effet, grande conséquence. Coup-franc indirect très dangereux à l'entrée de la surface de réparation, à gauche des buts de Joël Bats. Klaus Allofs transmis le ballon au bourrin Andreas Brehme qui décocha un missile... qui passa sous le ventre du portier français. Terrible souvenir ! On ne peut faire aucun reproche aux Bleus sur ce coup là. Le tir était trop puissant. Il fallait courir après le score. Et face aux allemands, ce n'était pas une partie de plaisir. Dorénavant plus confiant car menant au score, les germaniques laissaient les français venir s'empétrer dans la toile araignée. On d'autres termes, ils contrôlaient et en plus les occasions étaient allemands. Heureusement que Bats veillaient au grain. A la mi-temps, le ton est radicalement inversé. Les Bleus dominèrent outrageusement mais Schumacher faisait bonne garde. Le temps s'égrainait inexorablement. Irrémédiablement. Et le rêve aussi. Rudi Völler remplaça Rummenigge. Le futur attaquant de l'Olympique de Marseille (dans les années 90, bien sûr), s'échappa. Il se présenta seul devant Bats. Il le lobba, récupéra la balle après et marqua dans le but vide. C'était fini ! Le rêve de remporter la Coupe du Monde s'envola. Terrible désillusion. Le goût (de la défaite) est amer. Tout ça pour se faire sortir encore et toujours par la R.F.A. et encore en demi, au porte de la grande finale. Le sort était vraiment trop cruel. Et pourtant. L'Allemagne de l'Ouest accédait à sa (déjà) cinquième finale de son histoire (54, 66, 74, 82). Qui serait son adversaire ?

Dans la seconde demi-finale, la surprenante et inattendue Belgique affrontait un favori. L'Argentine de Maradona. Inutile de dire que la formation sud-américaine bénéficiait du soutien inconditionnel (et sans faille) du public du stade Aztèque. De match, il n'y en eut, tant Maradona fut intenable et virevoltant. Deux buts du stratège en première période scella le sort des belges. Le nantais Burruchaga le démarqua, puis le capitaine argentin se joua de deux défenseurs et du gardien Pfaff, pourtant pas le premier venu. Il répéta ensuite le même (second) but que contre l'Angleterre. Passer en revu sur quarante mètres l'équipe adverse. Du grand art. La Belgique passa son temps à lui courir après. L'Argentine accédait à la grande finale, sa troisième après celles de 30 et 78.

Mais, avant de disputer cette grande finale, la rencontre pour désigner le troisième avait lieu. Les grand battus ou les déçus des demi-finales en somme. Le sélectionneur français, Henry Michel, profita de l'occasion pour faire tourner son effectif.  Nos amis belges ouvrirent les hostilités. Mais les Bleus new look. Ferreri répondit à Ceulemans. Jean-Pierre Papin permit à la France d'arriver à la mi-temps avec un avantage d'un but. La Belgique égalisa et il fallut jouer de nouvelles prolongations. C'en était trop pour les belges. Troisième prolongation. Ils ne tinrent pas le coup cette fois-ci. Genghini et Amoros se chargèrent de les achever. 4-2 pour les Bleus qui prirent au Mexique la troisième place du Mundial. Ainsi, la génération Platini rejoignait dans la légende la génération Kopa de 58 dans la légende avec en plus une quatrième place en Espagne, quatre ans plus tôt. Par contre, elle sonnait le glas de cette fantastique "Génération Dorée" comme on l'a surnommera plus tard. Elle ne serait jamais Championne du Monde. Malheureusement. Pourtant, son bilan était somptueux :

Il ne restait plus que la finale de la XIII ème Coupe du Monde de football. Tout était réuni pour que ce match soit une grande finale (ambiance, conditions climatiques,...). Pendant vingt bonnes minutes, les deux équipes vont s'épier. Résultat, pas grand chose à se mettre sous la dent. Il fallut attendre la 22 ème minute pour voir un des tournants de cette rencontre. L'arbitre brésilien siffla un coup-franc pour l'Argentine, une sorte de corner ouvert sur la droite du but allemand. Le nantais Burruchaga le tira et le ballon fut catapulté dans les buts allemands par le libéro Brown... à sa grande surprise. En effet, le gardien allemand (qu'il est inutile de représenter) était passé au travers. En d'autres termes, il s'était complètement loupé (il ne pouvait pas le faire en demi-finales, non ?). Finalement, l'Argentine menait 1-0 gràce à Brown, un joueur qui aurait du faire banquette pendant ce Mundial mais qui avait bénéficié des blessures de Passarella, le capitaine de l'Equipe d'Argentine, Championne du Monde en 1978 (chez elle). Incroyable destin. Le malheur des uns...Toujours était-il que l'Argentine rentrait au vestiaire avec ce but d'avance, avec un bon quadrillage du terrain une bonne gestion défensive. Les allemands étaient bien tristounets, évoluant comme ils pouvaient et étant peu dangereux. Neuf minutes après la pause, Maradona qui accomplissait pour une fois les basses besognes, récupéra un ballon qu'il transmis à Enrique. Ce dernier servit Valdano qui fila au but allemand. Personne ne put l'arrêter et il battit Schumacher. L'Argentine menait 2-0 à 35 minutes de la fin de la rencontre. On ne voyait pas comme la R.F.A. nonchalante pouvait revenir au score. Et pourtant. Avec cette diablesse de Mannschaft, il ne faut jamais jurer de rien. Rudi Völler était entré en jeu. Les germaniques commencèrent à pousser. A la 73 ème minute, Brehme tira un corner tendu que laissa filer Völler pour... Rummenigge qui qui se jeta. Le ballon roula dans le but sud-américain. 2-1 ! L'Allemagne revenait de loin. Les allemands continuaient à pousser et ils obtinent de nouveaux coups de pied arrêtés. Sur un nouveau corner tiré de nouveau par Brehme, Rudi Völler catapulta le ballon de la tête dans le but. 2-2 à huit minutes de la fin ! Cela promettait une épique fin de match. Deux minutes plus tard, Maradona récupéra une balle au centre du terrain et il mit sur orbite Burruchaga. Après une course effreinée de quarante mètres, le nantais s'en alla battre le gardien allemand qui s'inclinait pour la troisième fois de la soirée. A 3-2 et à six minutes de la fin, cette fois-ci, c'était bel et bien fini. La Mannschaft s'avouait vaincue et rendait les armes après s'être vaillamment battue. L'Argentine de Diego Maradona pouvait savourer son triomphe. Elle devenait Championne du Monde, huit années seulement après son premier sacre en 1978. Très vivement critiqué, l'entraineur Bilardo dégustait sa revanche.

Cette XV ème Coupe du Monde de football s'achevait donc sur le second sacre (et triomphe) de l'Argentine qui rejoignait au nombre de titre son vaincu du jour, l'Allemagne de l'Ouest, ainsi que l'Uruguay. Le Brésil et l'Italie étant encore inaccessible avec trois titres.

L'Argentine vainqueur certes, mais sans Maradona elle n'était qu'une bonne équipe. Quel crève-coeur de voir brandir la Coupe du Monde par Maradona... Les meilleurs ont-ils gagné ? Peut-être, mais d'autres équipes méritaient cent fois ce sacre comme l'Equipe de France. Malheureusement, les Bleus passèrent tout près du titre de Champion du Monde. Il avait manqué un peu plus de réussite et surtout que certains joueurs (comme Giresse et Platini par exemple) soient à leur véritable niveau. Concernant le meilleur joueur du monde de l'époque (Platini bien sûr et surtout pas Maradona...), et bien il trainait comme une âme en peine des blessures à répétition depuis quasiment le début de l'année 86. Vraiment pas de chance lorsque l'on sait que Platoche était également blessé au Mondial 82.

Enfin, il était clair que cette génération n'obtiendrait jamais le titre suprême car les trentenaires allaient prendre leur retraite internationale après ce Mundial 86. En ce juillet 1986, personne n'imaginait que la France allait devoir attendre près de douze longues années avant de participer de nouveau à la Coupe du Monde.

 

 

 

  

RESULTATS :

 

 121 pays engagés : 24 qualifiés :
 

ALGERIE

ANGLETERRE

ARGENTINE

BELGIQUE

BRESIL

BULGARIE

CANADA

COREE DU SUD

DANEMARK

ECOSSE

ESPAGNE

FRANCE

HONGRIE

IRAK

IRLANDE DU NORD

ITALIE

MAROC

MEXIQUE

PARAGUAY

POLOGNE

PORTUGAL

R.F.A.

U.R.S.S.

URUGUAY

 

 PREMIER TOUR : (84 buts)
 

 GROUPE 1 : (17 buts)
 

ITALIE

- BULGARIE

: 1

- 1

ARGENTINE

- COREE DU SUD

: 3

- 1

ITALIE

- ARGENTINE

: 1

- 1

BULGARIE

- COREE DU SUD

: 1

- 1

ITALIE

- COREE DU SUD

: 3

- 2

ARGENTINE

- BULGARIE

: 2

- 0

 

Pl

 EQUIPE

Pts

J

G

N

P

p

c

Diff

1

  ARGENTINE

5

3

2

1

0

6

2

+4

2

  ITALIE

4

3

1

2

0

5

4

+1

3

  BULGARIE

2

3

0

2

1

2

4

-2

4

  COREE DU SUD

1

3

0

1

2

4

7

-3

 

GROUPE 2 : (14 buts)

MEXIQUE

- BELGIQUE

: 2

- 1

PARAGUAY

- IRAK

: 1

- 0

MEXIQUE

- PARAGUAY

: 1

- 1

BELGIQUE

- IRAK

: 2

- 1

MEXIQUE

- IRAK

: 1

- 0

BELGIQUE

- PARAGUAY

: 2

- 2

 

Pl

 EQUIPE

Pts

J

G

N

P

p

c

Diff

1

  MEXIQUE

5

3

2

1

0

4

2

+2

2

  PARAGUAY

4

3

1

2

0

4

3

+1

3

  BELGIQUE

3

3

1

1

1

5

5

0

4

  IRAK

0

3

0

0

3

1

4

-3

 

GROUPE 3 : (16 buts)
 

FRANCE

- CANADA

: 1

- 0

U.R.S.S.

- HONGRIE

: 6

- 0

FRANCE

- U.R.S.S.

: 1

- 1

HONGRIE

- CANADA

: 2

- 0

FRANCE

- HONGRIE

: 3

- 0

U.R.S.S.

- CANADA

: 2

- 0

 

Pl

 EQUIPE

Pts

J

G

N

P

p

c

Diff

1

  U.R.S.S.

5

3

2

1

0

9

1

+8

2

  FRANCE

5

3

2

1

0

5

1

+4

3

  HONGRIE

2

3

1

0

2

2

9

-7

4

  CANADA

0

3

0

0

3

0

5

-5

 

GROUPE 4 : (13 buts)
 

BRESIL

- ESPAGNE

: 1

- 0

IRLANDE DU NORD

- ALGERIE

: 1

- 1

BRESIL

- ALGERIE

: 1

- 0

ESPAGNE

- IRLANDE DU NORD

: 2

- 1

ESPAGNE

- ALGERIE

: 3

- 0

BRESIL

- IRLANDE DU NORD

: 3

- 0

 

Pl

 EQUIPE

Pts

J

G

N

P

p

c

Diff

1

  BRESIL

6

3

3

0

0

5

0

+5

2

  ESPAGNE

4

3

2

0

1

5

2

+3

3

  IRLANDE DU NORD

1

3

0

1

2

2

6

-4

4

  ALGERIE

1

3

0

1

2

1

5

-4

 

GROUPE 5 : (15 buts)
 

R.F.A.

- URUGUAY

: 1

- 1

DANEMARK

- ECOSSE

: 1

- 0

R.F.A.

- ECOSSE

: 2

- 1

DANEMARK

- URUGUAY

: 6

- 1

DANEMARK

- R.F.A.

: 2

- 0

ECOSSE

- URUGUAY

: 0

- 0

 

Pl

 EQUIPE

Pts

J

G

N

P

p

c

Diff

1

  DANEMARK

6

3

3

0

0

9

1

+8

2

  R.F.A.

3

3

1

1

1

3

4

-1

3

  URUGUAY

2

3

0

2

1

2

7

-5

4

  ECOSSE

1

3

0

1

2

1

3

-2

 

GROUPE 6 : (9 buts)
 

POLOGNE

- MAROC

: 0

- 0

PORTUGAL

- ANGLETERRE

: 1

- 0

ANGLETERRE

- MAROC

: 0

- 0

POLOGNE

- PORTUGAL

: 1

- 0

ANGLETERRE

- POLOGNE

: 3

- 0

MAROC

- PORTUGAL

: 3

- 1

 

Pl

 EQUIPE

Pts

J

G

N

P

p

c

Diff

1

  MAROC

4

3

1

2

0

3

1

+2

2

  ANGLETERRE

3

3

1

1

1

3

1

+2

3

  POLOGNE

3

3

1

1

1

1

3

-2

4

  PORTUGAL

2

3

1

0

2

2

4

-2

 

 HUITIEME DE FINALE : (26 buts)
 

MEXIQUE

- BULGARIE

: 2

- 0

 

 

BELGIQUE

- U.R.S.S.

: 4

- 3

AP 2-2

 

BRESIL

- POLOGNE

: 4

- 0

 

 

ARGENTINE

- URUGUAY

: 1

- 0

 

 

FRANCE

- ITALIE

: 2

- 0

 

 

R.F.A.

- MAROC

: 1

- 0

 

 

ANGLETERRE

- PARAGUAY

: 3

- 0

 

 

ESPAGNE

- DANEMARK

: 5

- 1

 

 

 

 QUART DE FINALE : (7 buts)
 

FRANCE

- BRESIL

: 1

- 1

AP 1-1

TB 4-3

R.F.A.

- MEXIQUE

: 0

- 0

AP 0-0

TB 4-1

ARGENTINE

- ANGLETERRE

: 2

- 1

 

 

BELGIQUE

- ESPAGNE

: 1

- 1

AP 1-1

TB 5-4

 

DEMI-FINALES : (4 buts)
 

R.F.A.

- FRANCE

: 2

- 0

ARGENTINE

- BELGIQUE

: 2

- 0

 

TROISIEME PLACE : (6 buts)

FRANCE

- BELGIQUE

: 4

- 2

AP 2-2

 

FINALE : (5 buts)

ARGENTINE

- R.F.A.

: 3

- 2

 

 

FICHE TECHNIQUE

 ARGENTINE b. R.F.A. : 3 - 2 (1-0)

 Lieu

le 29 juin 1986 au Stade Aztèque de Mexico (Mexique)

 Spectateurs

115.000

 

 

 

 

 

 

 Arbitrage

M. Arrpi

(Brésil)

 

 

 

 

 

 Buts

Argentine

Brown (22 ème)

Valdano (56 ème)

 Burruchaga (84 ème)

 

R.F.A.

Rummenige (73 ème)

 Völler (82 ème)

 

 

 Equipes

Argentine

Pumpido

Cuccuiffo

Ruggieri

Brown

Olarticoechea

Batista

 

 

Giusti

Enrique

Burruchaga

Troblani (89°)

Maradona

Valdano

 

R.F.A.

Schumacher

Brehme

Förster

Jakobs

Briegel

Eder

 

 

Berthold

Matthaus

Magath

Hoeness (62°)

Rummenigge

Allofs

 

 

Völler (46°)

 

 

 

 

 

 

 

 

                          LES CHAMPIONS DU MONDE

 PUMPIDO

CUCCIUFFO

RUGGIERI

BROWN

OLARTICOECHEA

BATISTA

GIUSTI

BURRUCHAGA

TROBBIANI

ENRIQUE

MARADONA

VALDANO

CLAUSEN

GARRE

PASCULLI

BOCHINI 

BORGHI

TAPIA

PASSARELLA (2)

ALMIRON

ISLAS

ZELADA

CLAUSEN

Entr : BILARDO

         Légende :

 

 

PALMARES :

 

Pl

 EQUIPE

Pts

J

G

N

P

p

c

Diff

1

  ARGENTINE

13

7

6

1

0

14

5

+11

2

  R.F.A.

8

7

3

2